Mille et une vies, journal sans vergogne d'un amateur de mots.
En temps de crise, il faut savoir se recycler. Poète d’entreprise, voilà une belle idée.
Il y a tant de belles manières d’assurer des licenciements de qualité.
- Vaudeville :
Je vous y prend Jean-Pierre, sur le copieur les fesses à l’air.
Il ne vous est jamais venu à l’idée que cette machine m’était aimée ?
C’en est trop, vous êtes licencié !
- Dramatique :
Las, le service comptable a sombré, déjà sonne à nos portes l’écho glacial des huissiers.
Mon cher Hubert, après toutes ces années, je pleure de devoir vous remercier.
- Poétique :
Quittons-nous sans à coup Pierre-Henri,
La société vous avez bien servi
Mais il n’est de bons amis qui ne se séparent
Quand à l’automne l’aube est noire
- Nouvelle vague :
- Dis, tu l’aimes ?
- Qui ?
- Ta société.
- Oui
- Et ton Chef, tu l’aimes ?
Et tes collègues, Tu les aimes tes collègues ?
Et la machine à café ? Tu l’aimes la machine à café ?
- Oui
- Et si tu devais t’en séparer ?
- Ubuesque :
Merdre, les chiffres ont encore explosé. Va me chercher la machine à décerveler,
J’ai des coupes franches à faire dans les rangs, les bourses ont fait chou blanc.
- Apocalyptique :
Et dans le neuvième cercle où se rangeaient les coupons, l’on entendit vrombir les tampons,
des marques du seigneur consacrés, qui criaient : vous êtes viré !
Je crois que je viens d’inventer un savoureux métier. Certes il est un peu louche, mais à coup sûr on fait mouche.
Et le plus important : à la fin des renvois, je touche !