Mercredi 21 octobre 2009
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Une langue de bitume, chargée de mégots crevés
Un regard plein d'amertume qui vient clopiner
c'est le regard d'une brune, occupée à tapiner
cœur perdu dans la brume, et sourire enfumé.
Entre les ilôts de lune de néons affamés
glissent, posthumes, prolos et paumés
toute une clique importune de toquards, de camés
les lèvres pleines d'écume, venus se pourlécher
Soudain, affolés, on s'agite, on s'égaie
et la nuit, glacée, tout à coup bégaie
sous les coups de butoir de chausses ferrées
c'est le triste claquoir de la maréchaussée
venue sans vergogne ses amours déclarer
à une pauvre cogne restée là sans broncher
Triste besogne, dans les ombres menée
sans désir, en ivrogne, et sans même un baiser
d'un coup de trique la belle est remerciée
et d'un rire gastrique s'en part le policier
pour se jeter tout cru, imbécile intégral
contre la lame nue d'un pauvre marginal
Et la flaque visqueuse qui bientôt se répand
se prend, en amoureuse, mais à contretemps
à sourire à la brune, à lui faire du pied
quand sur le bitume elle reprend ses quartiers.
Par PAL
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Publié dans : Histoires courtes
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