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  • PAL
  • Troublant, touchant, étonnant, détonant, énervant, curieux, anxieux, amoureux, paresseux, filandreux, ludique, poétique, onirique, amnésique, bucolique, exalté, réservé, décontracté, entêté, révolté...
Samedi 1 novembre 2008 6 01 /11 /Nov /2008 00:00

J’ai toujours en tête une silhouette

Gracile et fluette, s’effaçant en pirouette

Au milieu des tables esseulées

 

J’ai toujours à l’oreille ce verbe feulé

Ces maudits mots dits à voix discrète

Soyeuse invitation aux oubliettes

 

J’ai toujours à l’œil une larme effacée

D’un coup d’orgueil bien mâle honnête

Au détour de la rue dans l’aube gelée

 

J’ai toujours en main des brisures de passé

Triste pâte pétrie, putride et pétrifiée

Puant l’absence de jours de fête

 

J’ai toujours en vain poursuivi ma quête

D’ombres en ombres cherchant à oublier

Mais ne puis, car en tout tu reflètes.

 

Et je suis entêté.

Par PAL - Publié dans : Poèmes
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Vendredi 31 octobre 2008 5 31 /10 /Oct /2008 00:00
Moi qui vis dans l'onirique

parfois j'ai l'affliction qui rebique.


Devant la fenêtre magique

où s'étiolent en panégyriques

en vrac, célébrités anémiques

et pourfendeurs d'esprit critique


je rêve, le sourire citrique,

du jour où Barbie tue Rick.
 
Par PAL - Publié dans : Errements
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Jeudi 30 octobre 2008 4 30 /10 /Oct /2008 00:00
Blouse blanche et lunettes noires, c'est un rocher bien incertain. L'aérodrome à mouches luisant sous les néons, voici Nimbus qui papillonne craie à la main.

"Je vais trop vite, pas assez vite, je dois répéter?"

La rengaine bourdonne devant les yeux vitreux des collègues effondrés. Au creux du silence imposé, des mots discrets naviguent de table en table, précieux et ridicules instants de vie flottant entre le vide et l'infini. Cycle sans fin.

Après deux heures d'initiation à la sagesse aux jambes interminables, cadeau inestimable de la nation à ses enfants, le choc est rude. Comme si, dans le vortex équationnel, le temps s'était pendu d'ennui. Où sont donc passées les heures heureuses à chercher, comprendre, communiquer? A ce stade du désert intellectuel, n'importe quelle oasis fait rêver.

Note à ego : penser à vermifuger le rasta, il recommence à se gratter.

Entre chiffres et lettres, les barreaux se ressèrrent.

"Prenez du papier millimétré, et tracez une courbe asymptotique sur repère orthonormé."

Révélation, révolution, question : "A quoi ça sert, en vrai?" 

Cataclysme, déchirement, stupeur et tremblements, fusion en chaîne au coeur du réacteur, la réalité de Nimbus s'est effondrée devant l'effronté. Dans le trou noir naissant s'engouffrent à la volée sophismes de passage, argumentaires tronqués, raisons peu nécessaires mais très suffisantes, puis le retour de l'autorité.

"Rien à comprendre, tout à apprendre, je dois répéter?"

Retour donc au rien absolu, au néant. C'est un constat désespérant : le logarithme, on n'y peut rien.


C.Q.F.D. 
Par PAL - Publié dans : Errements
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Mercredi 29 octobre 2008 3 29 /10 /Oct /2008 00:00

Il fait nuit c’est l’hiver

Et nous voici tous deux

Au fond du cimetière

Gisant en amoureux

 

Et le doux chant des vers

Nous rapproche des cieux

Nous qui reposons sous terre

Sommes enfin heureux

 

Comment dire que naguère

Nous nous aimions si peu

Nous vivions un enfer

Tristes, aigris et envieux ?

 

Sous la cendre et le suaire

Nous nous sourions, joyeux

Fallait-il de nos chairs

Se défaire pour naître enfin radieux ?

 

Notre union délétère

Avait le goût aqueux

Névrosé et biliaire

Des amants si sûrs d’eux

 

Est-ce donc Lucifer

Qui condamnait nos jeux

Par la peur, la colère

Qui nous rendait odieux ?

 

Sous la couche de pierre

Nous goûtons, silencieux

Un repos bien somptuaire

Enlacés dans l’adieu

 

Vos lobes orbiculaires

Sont à jamais radieux

Mais de grâce ma chère

Poussez vous donc un peu…

 

Par PAL - Publié dans : Poèmes
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Mardi 28 octobre 2008 2 28 /10 /Oct /2008 00:00
Aux côteaux d'Albion, foyers de calcaire au charme isolé, un manchot, un jour, s'était posé.

Mouettes et goélands, railleurs patentés, se plaisaient à moquer d'un ton gouailleur :
"V'la-t-y-pas Monsieur l'Empereur! Bonjour votre Sainteté. Il fait beau temps à Sainte-Hélène?"

Lui restait stoïque, et soucieux de s'intégrer, chaque jour à 17 heures, sur la corniche prenait son thé.
Tel flegme dérangeait les insulaires, quel toupet cet étranger! Et de la haute à la basse cour, tout le monde lâchait
fiel et guano sur le nouvel arrivé. Le manchot, lui, continuait à nidifier, et chaque jour, à 17 heures, sur la corniche
prenait son thé. 

Puis le temps se mit à changer. Les douces bises devinrent gelées, et bientôt l'on vit dériver sur les flots,
disputant aux falaises leur beautés, d'immenses blocs glacés. Les oiseaux tinrent conseil, l'étranger excepté,
et devant le froid qui s'annoncait, la famine qui menaçait, décidèrent de migrer.

Tous, sauf l'oiseau qui ne savait pas voler.

Sourire au bec, sur sa corniche, l'empereur regardait s'éloigner les oiseaux affolés. Il serait bientôt 17 heures,
et sur les flots désormais gelés, ses cohortes allaient débarquer.

L'horreur boréale pouvait commencer. 
 
Par PAL - Publié dans : Histoires courtes
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 00:00


Approchez, approchez, mesdames et messieurs, et venez admirer les lots de première fraîcheur !

Il est beau, il est élégant, c’est un prince de sang, un tortionnaire de premier rang. Regardez donc ses dents !
Vingt-quatre carats messieurs dames, un sourire inébranlable !

Il ne vous convient pas, vous paraît trop surfait ? Très bien, passons au suivant.

Un modèle plus traditionnel, militaire, évidemment. Un fou de guerre, qui passe son temps à traquer le bouton rouge
pour éliminer les rouges, les jaunes, les petits et les grands, les envahisseurs et les ennemis de l’intérieur.
Croyez moi, il lave plus blanc que blanc !

Toujours pas ? Je vois que vous êtes connaisseurs. Laissez moi alors vous présenter mon meilleur lot, je sais que vous allez
apprécier. C’est un exemplaire unique, mesdames et messieurs, attention. Roulement de tambour, Gégène,
amène le phénomène !

La foule : Oooh !

Non vous ne rêvez pas mesdames et messieurs, vous avez devant vos yeux ébahis un véritable républicain,
un amateur de démocratie ! Et c’est un expert qui vous le dit, avec celui-là, vous ne serez pas déçus :
il accole, il enjôle, il sait même faire des promesses ! Elévé au grain dans les meilleures écoles !

La foule : c’est combien ?

Cinq ans, messieurs mesdames, et ça les vaut bien ! Renouvelable une fois, sur plébiscite, évidemment.

La foule : On le prend.

Et vous faites bien ! Gégène, prépare pour ces gens un joli scrutin, avec ruban !
(A part) J’ai bien cru ne jamais pouvoir me défaire de ce fieffé benêt. C’est que ces crétins sont de plus en plus exigeants. 
(A la foule) Revenez me voir régulièrement, j’ai toujours les meilleurs crus !

Gégène, viens par ici. Va me chercher un autre de ces abrutis au parlement le plus proche. Et s’il te plaît,
prends le un peu moins charismatique, le dernier commençait à déteindre sur mes meilleurs sujets.
Il ne faudrait pas que ce genre d’idée se répande, ça tue le commerce. Mais file vite, je vois un car de touristes anglais
qui approche : la vieille a dû décaniller, je vais essayer de leur refourguer de l’empereur.

Come here, ladies and gentlemen, come and admire the best choice ever !

Par PAL - Publié dans : Histoires courtes
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 00:00

C’est à cette heure malhonnête où, l’œil hirsute et le poil vitreux, le banlieusard s’en vient gagner quelque pitance
au maquis parisien, que prend place un étrange ballet. En essaim, en cohorte, elles surgissent dans les rues ensommeillées,
courent, virevoltent, se posent un instant, avant de s’égayer à la croisée d’un boulevard résistant et d’une avenue générale.

La vision est fugace, à peine effleurée, et déjà les voilà parties.

Oui mais entre temps les rues ont fleuri, de petites notes aux pare-brise ont poussé. Et qui de sa berline,
qui de son 4x4 pestera dans quelque instant, découvrant le cadeau impromptu. Alors viendront les noms d’oiseaux,
au belles de nuit apparentés.

N’en déplaise aux conducteurs énervés, ces sylphides sont pour moi, et resteront,
dans le chant de Paris les dames aux papillons.
  

Par PAL - Publié dans : Errements
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 14:14

Père occis de       fer 
                                    Luisant

Clore aux hydres, 

hâte de potache   homme

L’éther aux         aunes
 

Car bon hydre

aux gènes 

aussi, gène
                 Ah, zot !


C’est la vie…

Par PAL - Publié dans : Inclassables
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 00:00
J’aimais tant ces nuits assassines où tu me tuais à coups de mots

Quand nos épîtres acides crachaient le fiel de nos égos

Aux heures blêmes ou, lucide, tu m’attaquais d’un traître flot

De mesquineries tendres et arides, qui me collaient la rage au dos


De nos venimeuses cursives naissaient bien sûr curieux échos

Combattus à coup d’esquives, de peur d’emmêler nos défauts

Il a trop plu sur nos sévices, délavés par des demi - mots

On a fini, drôle de supplice, par s’apprécier sans dire de maux


Si ce soir j’avoue mon crime, de te haïr à contrario

C’est la douleur qui m’anime de te voir à l’échafaud

Prête au sacrifice, et digne, pour un quelconque hidalgo

Qui t’a mise dans l’abîme à grands coups de trémolos


Puisque nos nuits assassines sont condamnées au caveau

Je veux faire, ma sublime, pour ton cœur dernier cadeau

Que renaisse au feu infirme, la fureur de tes brulôts

Et qu’il en soit la victime, sera là mon dernier mot.


Par PAL - Publié dans : Poèmes
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Samedi 25 octobre 2008 6 25 /10 /Oct /2008 15:25

Courons aux paradis fiscaux échapper à l’impôt

Criait un créancier triste et solitaire

La mallette chargée de prêts hypothécaires

Dans les couloirs usés d’une zone aéroportuaire

 

Levant des yeux de chouette de son canard libéré

Tout récemment chipé à un bobo en goguette

Se prit à sourciller l’idiot poète

Sur quelle drôle de planète avait-il donc échoué?

 

Panique à Reykjavik titrait gras l’imprimé

Ne prenons pas de risque se dit-il en secret

Allons vers le Mexique lever toute une armée

De poètes exotiques aux rimes épicées

 

Nous reviendrons ensuite glorieux et panachés

Prendre la république, refonder les marchés

Gageant la rime riche, somptueuse et raffinée

Comme monnaie unique de nos rêves échangés

 

Tout à son onirique, il n’avait remarqué

Sous couvert de panique le triste financier

Plusieurs assurances - risque lui avait refourgué

Et en guise de cadeau, un appeau à corbeaux

 

Tant pis pour le Mexique, dit le poète idiot

Laissons donc à Zurich notre banquier manchot

Et ses bourses hémophiles, il me reste les mots

C’est un trésor de guerre qui vaut tous les lingots

 

Et tandis qu’hommes d’affaires s’en allaient empressés

Le poète idiot, terre à terre, s’éprit à contempler

La belle hôtesse de l’air qu’il comptait aborder

Par quelque phylactère très savamment pesé

 

Par PAL - Publié dans : Méchancetés gratuites
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